CGV et mentions légales : ce qu'elles règlent vraiment
Personne ne lit les conditions générales de vente. C'est vrai, et ce n'est pas un argument pour ne pas les écrire.
Elles ne servent pas à être lues. Elles servent le jour où un client conteste, où un livreur ne retrouve pas un colis, où quelqu'un demande un remboursement trois semaines après. Ce jour-là, soit la réponse était écrite avant, soit elle s'improvise — et une réponse improvisée sous pression est presque toujours mauvaise.
D'abord, l'avertissement honnête
Les obligations formelles — ce qu'il faut afficher, sous quelle forme, et ce qui s'impose au vendeur — varient d'un pays à l'autre, et parfois selon le statut de l'activité. Cet article n'est pas un avis juridique et ne peut pas en tenir lieu.
Ce qu'il donne, c'est la liste des questions qu'un vendeur doit avoir tranchées par écrit. La forme légale exacte se vérifie auprès de l'organisme compétent de votre pays, ou d'un juriste — en particulier dès que l'activité est déclarée et facture.
Les huit points à écrire
1. Qui vend. Le nom de l'activité, un contact réel, et l'adresse si elle existe. C'est le point qui rassure le plus l'acheteur, et le plus souvent omis.
2. Le prix, et ce qu'il comprend. Est-ce que la livraison est incluse ? Les taxes ? Un client qui découvre un supplément au moment de payer se sent piégé, et il a raison. Le fond du sujet est traité dans qui paie les frais de livraison.
3. Comment on paie. Les modes acceptés, et surtout à quel moment l'argent est dû : à la commande, à la livraison, ou en deux fois.
4. Le délai de livraison. Un délai annoncé engage. Mieux vaut annoncer cinq jours et livrer en trois que promettre quarante-huit heures qu'on ne tient jamais.
5. La zone couverte. Ce que vous livrez, et ce que vous ne livrez pas. Une commande hors zone acceptée par erreur finit toujours mal.
6. Le retour et l'échange. Sous quel délai, dans quel état, qui paie le renvoi. C'est le point le plus utile de tous, et le plus souvent absent.
7. Le remboursement. Sous quelle forme et sous quel délai. Un avoir n'est pas un remboursement : si vous ne remboursez qu'en avoir, il faut le dire avant la vente, pas après.
8. Ce que vous faites des données du client. Son numéro, son adresse. À quoi ils servent, combien de temps vous les gardez, et à qui vous les transmettez — au minimum, au livreur.
Écrire pour être compris, pas pour impressionner
La tentation est de copier des CGV trouvées ailleurs, longues et pleines de formules. C'est un mauvais calcul : vous vous engagez sur des clauses que vous n'avez pas lues, souvent écrites pour un autre pays et un autre métier.
Des CGV en dix paragraphes clairs, dans la langue de vos clients, valent mieux que six pages recopiées. Le critère est simple : si un employé peut y trouver la réponse à un litige en trente secondes, elles sont bonnes.
Le lien avec les litiges
Des CGV bien écrites font une chose précise : elles transforment un conflit en application d'une règle.
Sans elles, chaque litige est une négociation où le client pousse et où vous cédez ou refusez selon votre humeur du jour. Avec elles, la discussion porte sur un fait — le délai est-il dépassé, l'article est-il dans l'état prévu — et non sur un rapport de force.
C'est exactement ce que permet une procédure de litige qui protège la réputation : la règle est connue des deux côtés avant que le problème n'arrive.
Les données clients méritent mieux qu'une ligne
Un vendeur en ligne accumule des numéros de téléphone et des adresses. C'est une responsabilité, indépendamment de ce qu'impose la loi de votre pays.
Trois principes qui ne coûtent rien :
Ne collecter que l'utile. Un champ « profession » sur un formulaire de commande ne sert à rien et allonge le formulaire — ce qui, au passage, vous coûte des ventes.
Ne pas revendre les listes. Un client qui reçoit des messages d'un inconnu après avoir commandé chez vous comprend vite d'où vient son numéro. Le canal WhatsApp qui fait vivre votre boutique repose sur cette confiance.
Limiter les accès. Tout le monde dans l'équipe n'a pas besoin de la base clients complète. C'est aussi une question de fraude interne.
Où les afficher
Une page accessible depuis toutes les pages de la boutique, et un lien visible au moment de valider la commande. Des CGV cachées en bas d'une page que personne n'atteint ne vous protègent de rien.
Par où commencer
Ne rédigez pas huit pages ce soir. Prenez vos trois derniers litiges — un retard, un article qui ne convient pas, une commande refusée à la livraison.
Écrivez pour chacun la règle que vous auriez voulu pouvoir citer. Vous aurez trois clauses, tirées de votre activité réelle et non d'un modèle.
Les cinq autres viendront au fil des mois, chacune apportée par un problème. C'est la seule méthode qui produit des CGV qu'on utilise vraiment.
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