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Paiements

Les arnaques dont le vendeur est victime

Équipe BrivoX · 17 août 2026 · notre méthode

Tous les conseils sur la confiance en ligne s'adressent à l'acheteur : vérifiez le vendeur, ne payez pas d'avance, méfiez-vous des prix trop bas.

Le vendeur, lui, se fait avoir tout aussi souvent. Et presque toujours de la même manière — parce qu'il a cru ce qu'on lui montrait au lieu de vérifier ce qu'il avait reçu.

La règle qui arrête tout

Une seule, et elle rend la suite de cet article presque inutile :

Une preuve de paiement n'est pas un paiement. Seul votre solde est une preuve.

Une capture d'écran se fabrique en trente secondes. Un SMS s'imite. Un message d'un « service client » se rédige. Rien de tout cela ne prouve que de l'argent est arrivé chez vous. Ce qui le prouve, c'est votre propre compte, consulté par vous, dans votre application, après avoir fermé la conversation.

Le reste de cet article décrit les cinq façons de vous faire oublier cette règle.

1. La fausse capture d'écran

La plus fréquente, et de loin. L'acheteur envoie l'image d'une transaction Mobile Money apparemment réussie, avec votre numéro, le bon montant, l'heure du jour. Le livreur est déjà là, le client presse, tout paraît normal.

L'image est fausse — modifiée, ou reprise d'une vraie transaction faite à quelqu'un d'autre.

La parade : ne jamais lire une capture. Ouvrir votre application, vérifier le solde. Si le réseau ne répond pas, le colis ne part pas ; il partira quand vous aurez pu vérifier. Un vrai client comprend qu'on attende deux minutes.

2. Le faux message de confirmation

Variante plus soignée : vous recevez un SMS ou un message qui ressemble à celui de votre opérateur, annonçant un dépôt en attente, « à débloquer » en confirmant quelque chose ou en payant des frais.

Aucun opérateur ne demande de payer pour recevoir de l'argent. Et un dépôt ne se « débloque » pas.

La parade : un message entrant ne vaut rien. Le solde vaut tout. En cas de doute, appeler le service client par le numéro officiel — jamais celui contenu dans le message.

3. Le trop-perçu

« Je me suis trompé, je t'ai envoyé 100 000 au lieu de 50 000, renvoie-moi la différence. »

Parfois l'argent est réellement arrivé — envoyé depuis un compte volé, ou annulé ensuite. Vous renversez 50 000 F bien réels, et le versement initial disparaît. Parfois il n'est jamais arrivé et vous n'avez pas vérifié.

La parade : on ne rembourse jamais un trop-perçu dans la foulée. On attend, on vérifie que la somme est stable sur plusieurs jours, et on rembourse par le même canal, vers le même compte — jamais vers un autre numéro, ce qui est toujours demandé.

4. Le faux livreur

Quelqu'un se présente comme envoyé par votre client, ou comme le coursier d'une société, et repart avec la marchandise. Ou bien un livreur inconnu propose ses services un jour de rush.

La parade : aucun colis ne part avec quelqu'un que vous n'avez pas engagé vous-même. C'est le prolongement direct de ce qui doit être écrit avant la première tournée dans recruter et payer ses livreurs : qui prend un colis, et sous quelle identité.

5. Le faux gros client

Une commande inhabituellement importante, un ton pressé, une raison de faire vite : un événement demain, un client à l'étranger, une administration. On vous demande d'expédier avant paiement, ou de payer un « transporteur agréé » qu'on vous impose.

Cette arnaque ne vise pas votre naïveté : elle vise votre envie que ce soit vrai.

La parade : la taille de la commande augmente les précautions, elle ne les réduit pas. Sur un gros panier, l'acompte n'est pas négociable, et on ne paie jamais un intermédiaire choisi par l'acheteur.

Ce qui vous rend vulnérable

Trois situations reviennent dans presque tous les cas.

L'urgence. Toutes ces arnaques ont besoin que vous décidiez vite. Une commande qui ne peut pas attendre deux minutes de vérification n'est pas une commande.

Le livreur à la porte. Le moment où le colis est déjà entre les mains de quelqu'un est celui où l'on cède. D'où l'intérêt de vérifier avant le départ, pas pendant la remise.

La fatigue de fin de journée. Les tentatives arrivent rarement le matin.

Ce qu'il faut faire si c'est arrivé

Trois gestes, dans l'ordre, et le premier compte plus que les autres.

Tout garder : les messages, les captures reçues, le numéro, l'heure. Ce qui est effacé ne se reconstitue pas.

Signaler à l'opérateur dès que possible : sur les transferts récents, une intervention rapide bloque parfois la somme.

Ne pas se venger publiquement. Publier le numéro ou l'identité de la personne vous expose à votre tour, et n'a jamais récupéré un franc.

Et ne pas en faire un secret : la plupart des vendeurs à qui c'est arrivé n'en parlent pas, ce qui laisse les suivants découvrir seuls les mêmes pièges.

Ce qu'il faut mettre en place ce soir

Une règle écrite pour vous et vos employés, tenant en une phrase :

Aucun colis ne quitte le dépôt avant que le solde ait été vérifié dans l'application, par la personne qui prépare le colis.

Ce n'est pas une consigne de méfiance envers les clients : c'est ce qui vous permet de continuer à accepter le Mobile Money sereinement, comme le décrit accepter le Mobile Money.

Les vendeurs qui se font avoir ne sont pas les plus crédules. Ce sont ceux qui n'avaient pas de règle, un jour où ils étaient pressés.

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Arnaques : quand c'est le vendeur qu'on vole · BrivoX