Vendre à la diaspora : le client qui paie depuis Paris et livre à Cotonou
Une cliente écrit depuis Paris à 23 h. Elle veut faire livrer un colis à sa mère, à Cotonou, pour la semaine prochaine. Elle paiera par Mobile Money via un proche, ou par carte si vous l'acceptez. Elle ne verra jamais le produit.
C'est un excellent client : panier plus élevé, moins de négociation, achat souvent récurrent. C'est aussi une vente qui casse toutes vos habitudes, parce que celui qui paie n'est pas celui qui reçoit.
Trois décalages à absorber
Le décalage horaire. Vos messages arrivent quand votre client dort, et les siens quand vous dormez. Une conversation qui prendrait vingt minutes en local s'étale sur trois jours — et chaque jour supplémentaire est une occasion d'abandonner.
Le décalage de confiance. La cliente ne verra jamais l'article. Elle ne peut pas passer à la boutique, ni demander à une amie d'aller vérifier. Tout repose sur ce que vous montrez.
Le décalage de destinataire. La personne qui reçoit n'a rien commandé. Elle peut être absente, ne pas comprendre pourquoi un livreur l'appelle, ou refuser un colis qu'elle n'attend pas.
Le troisième décalage est le plus coûteux
C'est celui que les vendeurs découvrent en le subissant.
Le livreur appelle le numéro fourni. La destinataire ne répond pas — elle ne connaît pas le numéro. Le livreur repasse, personne. Le colis revient. La cliente, depuis Paris, ne comprend pas ce qui s'est passé et se demande si elle a été trompée.
La règle qui évite presque tout : prévenez la destinataire avant la livraison. Un message ou un appel qui annonce un colis de la part de telle personne, tel jour. Trente secondes qui suppriment l'essentiel des échecs.
Demandez aussi systématiquement deux numéros : celui de la destinataire et celui d'un voisin ou d'un proche. C'est la question la plus rentable de toute la conversation.
Le paiement : ne compliquez pas
La diaspora paie de trois façons, et vous n'avez pas besoin des trois.
Via un proche sur place, qui envoie un Mobile Money local. C'est le plus courant et le plus simple : de votre côté, c'est un paiement local ordinaire.
Par transfert international vers votre compte mobile. Cela fonctionne, avec des frais et parfois un délai.
Par carte bancaire, si votre boutique l'accepte. C'est le plus confortable pour la cliente, et le seul qui ne dépende de personne d'autre.
Ne cherchez pas à tout couvrir dès le départ. Acceptez le paiement par un proche — vous ne changez rien à votre fonctionnement — et ajoutez la carte quand le volume le justifie.
Un point à ne jamais négliger : le nom sur le paiement ne correspondra pas au nom sur la commande. C'est normal. Ne bloquez jamais une livraison pour cette raison ; vérifiez par un message.
Ce qui rassure quelqu'un qui n'est pas là
La cliente à distance a besoin de preuves, pas de promesses.
Une photo du colis avant l'envoi. (Les bons réflexes photo valent ici aussi.) Le produit réel, emballé, prêt à partir. C'est le message qui transforme l'inquiétude en attente.
Une photo à la remise. Le colis entre les mains de la destinataire. C'est la preuve que la cliente attend, et elle vous évite la question « est-ce que c'est bien arrivé ? » posée cinq fois.
Un délai annoncé et tenu. Une cliente qui offre pour un anniversaire n'a pas de marge. Si vous ne pouvez pas garantir la date, dites-le avant — un report annoncé se pardonne, un cadeau en retard non.
Ce qu'elle achète, et qui n'est pas ce que vous croyez
Les paniers de la diaspora se concentrent sur trois usages : les occasions — anniversaires, fêtes, rentrée scolaire ; le soutien régulier — provisions, produits de première nécessité ; et ce qui ne se trouve pas là où elle vit, ou coûte trois fois plus cher.
Ces trois usages ont un point commun : ils reviennent. Une cliente qui envoie des provisions à sa mère le fera tous les mois. C'est une des rares clientèles où la fidélité est structurelle — à condition que la première livraison se passe bien.
L'erreur à éviter : promettre ce qu'on ne maîtrise pas
Ne vous engagez pas sur des délais de transport que vous ne contrôlez pas, et n'annoncez pas des zones que vous ne desservez pas réellement.
Une cliente à l'étranger qui découvre que son colis n'arrivera pas à Parakou parce que vous ne livrez qu'à Cotonou perd bien plus qu'une commande : elle perd la face auprès de sa famille. Elle ne reviendra pas, et elle le dira.
Annoncez précisément vos villes, vos délais, et ce que vous ne faites pas.
Par où commencer
Ajoutez deux champs à votre prise de commande : le numéro de la destinataire et un second contact sur place. Prévenez la destinataire la veille.
Envoyez une photo du colis avant l'envoi, et une à la remise. Ces deux images valent tous les arguments de vente que vous pourriez écrire à quelqu'un qui est à 5 000 km.
Lancez votre boutique en ligne
Créez votre boutique gratuitement avec BrivoX, sans carte bancaire.
Créer ma boutique